Journée à usage unique

Publié le par Mr H

 

We came, we saw, we kicked his ass !

 

 



J'ai bien débuté la semaine en ayant mon code de la route. Un assez gros soulagement je dois avouer puisque contrairement à ce que j'ai pu dire à tous ceux que je connais, je ne l’ai pas énormément bossé, enfin du moins je m'y suis pris encore une fois bien tard.

Je dis "encore" car c'est la 2nde fois que je le passais. Je l'avais déjà tenté l'année dernière sans succès mais sans travail non plus...on ne récolte que ce qu'on sème comme dirait l'autre !!!


C’est donc l’occasion rêvée pour moi de jouer à l'analyste et de raconter cette belle après-midi dans le trou-du-cul lyonnais appelé Saint-Priest. Tiens pendant que j’y pense est-ce que vous savez comme s’appelle un habitant de Saint-Priest ? Sans chercher dans le dico évidemment… j’attends de voir si j’ai des réponses… et des amis qui daignent répondre à mes questions sans intérêts…

 

Bref reviendons à nos moutons.

 

Lundi, 12h30, j’arrive à l’auto-école. La zone est déserte, excepté un coin de rue où j’aperçois 2 lycéens en train de lire un livre. Après quelques secondes de mures réflexions, j’en déduis qu’ils sont, tout comme moi, candidats au code car, d’une part, ils attendent, tout comme moi, bêtement devant la porte de l’agence et deuxièmement, un détail insignifiant aux yeux du profane, ils lisent le livre précédemment cité, livre qui n’est autre que le livre de code sur lequel l’un des adolescent a écrit en gros « EXAMEN CODE DE LA ROUTE LUNDI 21/03/05, RDV 12H45 AU BUREAU ». Je suis déjà rassuré car je ne suis pas le seul bourrin à espérer qu’un employé de la boite nous ouvre la porte de l’école pour pouvoir entrer, s’y asseoir et éviter le regard de chaque personne présente dans la salle comme il est coutume de faire dans nos beaux pays civilisés.
15 minutes se passent. Une demoiselle arrive. Un mec arrive. Ils tentent comme j’avais fait précédemment d’ouvrir la porte, sans résultat, ce qui me fait doucement marrer, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs.


- « Il y a personne ! Je me suis dépêchée pour rien ».
- « Apparemment, oui ! »


Longue discussion d’une incroyable intensité avec la demoiselle brune juste arrivée. Et hop chacun retourne dans son coin. Le gars en face de moi, c’est le portrait craché de Zep, le dessinateur de Titeuf. Apparemment il a l’air aussi sociable et bavard que moi.
Pendant ce temps-là, les 2 jeunes dévorent leur bouquin dans le but désespéré de combler leurs lacunes. Moi je reste neutre le plus possible. Je ne remue pas trop pour ne pas montrer que je suis nerveux, mais je montre que je suis un peu vivant pour montrer que je ne veux pas cacher maladroitement un stress désespéré.


Il est 12H45 passé, personne de l’école n’est encore là.


10 minutes plus tard, arrive la patronne de la boite, dans son 4X4 qui pue qui pollue comme dirait mon tonton qui est fou. On entre enfin dans le bureau, elle fait l’appel, il manque quelqu’un mais elle s’en fout. « Les absents ont toujours tort », dis-je d’un ton humoristique, frais et libéré…Le silence qui règne dans le seconde suivant ma blague doit être comparable au néant régnant dans l’espace…Je décide de fermer définitivement ma gueule et je grave dans mon crâne le fait que je ne suis définitivement pas quelqu’un de drôle.


On part enfin dans 2 voitures dont une conduite par un des candidats au code moto et qui a déjà son permis voiture. Ambiance de mort. Les 2 jeunes posent des questions pour tenter de se rassurer mais se rendent compte qu’ils n’ont jamais les bonnes réponses…
On arrive vers Bron, Saint-Priest. Zone industrielle, bijou de dame nature. Je me rappelle bien du centre d’examen qui n’a pas changé depuis l’année dernière. C’est gris, métallique, froid. Des grands piliers entourés par un maillage de fer, des grandes fenêtres, du carrelage imitation marbre, de puissants néons. C’est parfait pour passer un examen sereinement !


On entre petit à petit, pas bien fier.
La patronne nous donne 2, 3 consignes sur l’ordre d’entrée, sur le fait d’éteindre son téléphone et tout et tout et à peine a-t’elle terminé qu’on se jette dehors pour la clope-destressante !


Je commence à bavarder avec le sosie de Zep et un gars de mon âge que j’avais déjà eu l’impression de voir…Encore un tour de ma mémoire de poisson rouge (je ferai un article dessus un de ces 4)… Bref on parle immanquablement du code, du permis, des questions pièges, des voitures etc. C’est ce que j’appelle des amis à usage unique. C’est-à-dire que vous pouvez être sûr à 100% de ne plus les revoir dans l’heure et demi qui suis ! Bref, on détend l’atmosphère, je retente quelques blagues avec succès ce coup-ci.
On nous appelle. On se met en rang comme en C.P. et on entre dans la salle sinistre.


Blablabla, je n’écoute même pas les recommandations du surveillant, je les connais par cœur.


On prend le boîtier. On le met en route. « VAL ». « A, B, D, VAL ». « B, C, A, VAL ».


Lock and Load !


Personne n’ose se regarder car le monsieur nous a dit qu’au moindre regard suspect, il nous mettait à la porte.
Ca commence. C’est fini. Je suis confiant. J’ai eu 5 doutes. Normalement c’est dans la poche.


C’est dans la poche. Je dis tout fort « YES », alors que la jeune au livre de code pleure à coté de moi, son résultat à la main. Je m’en fous, j’ai eu ce code de merde !
Gros moment d’euphorie. Je retrouve Zep et l’inconnu-que-je-connais-sûrement. Ils ont comme moi eu leur code. Ca parle très fort, ça rigole, ça se vante sur les questions stupides et les réponses évidentes. Mes amis à usage unique sont contents comme moi.
On reprend les voitures. Ca parle encore très fort. La fille ne pleure plus, mais on ne la ménage pas pour autant : « Ouaha c’était bidon quand même ! », « Et celle avec la couleur des feux ? C’était bleu et vert, hein !? », « Trop facile ! ».


Arrivé, à l’école, on entre dans le bureau et on ressort quelques secondes après puisqu’on n’a plus rien à y faire. Je ne dis même pas au revoir à mes amis à usage unique qui sont déjà redevenus des illustres inconnus.
Je rentre chez moi. Je bombarde mes contacts de SMS qui n’étaient d’ailleurs pas au courant que je passais mon code vu que je l’avais habilement caché, histoire de ne pas me mettre une pression supplémentaire.

 

L’euphorie est déjà passée.
C’était tellement facile que j’en suis presque déçu. Même pas eu le temps de stresser, de douter, de me questionner.

 

« On est venu, on a vu, on lui a botté le cul », Bill Muray, Ghostbusters.

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Mr H 09/01/2006 20:57

Damnède ! I am découvert ! C'était pas dur en même temps...Vite je fuis me cacher dans un autre film culte....

rodolphe 09/01/2006 15:33

Amis à usage unique, ça sent l'amateur de fight blub ça...

Mr H 08/01/2006 22:13

Le permis moi c'est bientôt...Sinon les habitants de Saint-Priest sont les Sanpriots ou les San-priots ... ou même les San priots !... J'y ai bossé pendant 3 mois  et je me suis rendu compte que même à la mairie il ne connaissait pas la bonne écriture !

la gre 08/01/2006 21:47

:-D tu me fais rire !
alors concernant les habitants de saint priest, comment ils s'appellent finalement ? :-D
moi j'ai eu mon code du premier coup... c'est mon permis que j'ai raté la premiere fois...

Amelle 29/03/2005 22:16

lol; marrante ton expression" les amis à usage unique"!!! je la note!en plus c'est tout à fait ça!bravo